Le REEE peut aider les futurs étudiants lorsque les parents peuvent se le permettre

HALIFAX — Lorsque Jacob Ritchie et sa femme Krista ont eu des enfants, mettre de l'argent de côté pour leurs études postsecondaires semblait être un luxe qu'ils ne pouvaient pas se permettre.

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L'ingénieur et la professeure étaient encore au début de leur carrière et remboursaient leurs propres prêts étudiants. 

«Nous étions au point où chaque dollar comptait», dit-il. «Nous avons dû payer la garderie et d'autres factures.» 

Mais lorsqu'ils ont acheté une maison et rencontré un planificateur financier, le couple a ouvert des régimes enregistrés d'épargne-études, ou REEE, pour leurs trois enfants. 

«Nous avons développé une relation avec quelqu'un à la banque et nous lui avons fait confiance», explique M. Ritchie. «Mais cela ne s'est produit que lorsque nous avions les moyens et l'argent.» 

Un nouveau sondage indique que même si la plupart des Canadiens connaissent les REEE, moins de la moitié d'entre eux ont recours à ce véhicule de placement. 

Selon les résultats du sondage réalisé par la Compagnie d'assurance du Canada sur la vie (Canada Vie), seulement 17 % des répondants ont indiqué connaître les avantages et les plafonds de cotisation de l'outil d'épargne. 

Et ce, malgré le fait que la planification de l'éducation soit citée comme une priorité absolue pour les Canadiens ayant des enfants de moins de 18 ans — juste après la retraite. 

Avec l'augmentation du coût des études postsecondaires, Paul Orlander, de la Canada Vie, fait valoir qu'un REEE est un moyen efficace d'épargner pour les études d'un enfant, tout en l'aidant à éviter un endettement étudiant excessif. 

«Le gouvernement égalera 20 % des cotisations à un REEE chaque année, jusqu'à concurrence de 500 $», souligne M. Orlander, vice-président exécutif au client individuel de la Canada Vie. 

Les gains sur les cotisations augmentent à l'abri de l'impôt pendant la durée du REEE.

«C'est, en quelque sorte, de l'argent gratuit, et cela n'arrive pas trop souvent dans nos vies.» 

L'enquête a révélé que la contribution totale moyenne à un REEE était d'environ 22 800 $, avec une contribution mensuelle médiane de 210 $. 

Pas d'argent à mettre de côté 

Pourtant, certains parents peuvent choisir de ne pas cotiser à un REEE parce qu'ils n'en ont tout simplement pas les moyens, selon une étude récente de Statistique Canada

L'enquête de l'agence fédérale a révélé que les taux de participation aux REEE avaient tendance à augmenter considérablement avec le revenu familial. Les différences au chapitre de la richesse demeurent le facteur le plus important à l'origine de l'écart de participation aux REEE selon le revenu familial — même en tenant compte des différences en matière de scolarité et de littératie des parents, de numératie et de littératie financière. 

«Les gens s'inquiètent de payer le logement et le service de garde d'enfants, et de mettre de la nourriture sur la table», a observé la directrice du bureau national du Centre canadien de politiques alternatives, Erika Shaker. 

«Ils n'ont peut-être pas d'argent supplémentaire à mettre de côté pour quelque chose qui aura lieu dans 10 ou 15 ans.» 

Le gros problème est la flambée des coûts de l'éducation postsecondaire et la complexité du réseau d'aide financière aux étudiants dans chaque province, qui change presque à chaque cycle électoral, a-t-elle souligné. 

Selon un rapport publié par Statistique Canada plus tôt en septembre, les étudiants canadiens inscrits à temps plein dans des programmes de premier cycle paieront en moyenne 6693 $ en droits de scolarité pour l'année universitaire 2021-2022, un montant en hausse de 1,7 % par rapport à l'année précédente. 

La Première financière du savoir, qui se spécialise dans l'épargne-études, calcule que d'ici 2030, le coût moyen d'un diplôme postsecondaire de quatre ans sera d'environ 111 698 $ avec coûts de résidence et d'environ 55 548 $ sans les coûts de résidence.

«Dire aux gens d'économiser davantage et faire pendre une (contribution du gouvernement) comme si le problème était un manque de motivation plutôt qu'un simple manque de fonds ne résoudra pas le problème sous-jacent, qui est le coût», souligne Mme Shaker. 

Le professeur d'économie Lars Osberg, de l'Université Dalhousie, estime que le problème est la privatisation du fardeau financier de l'enseignement universitaire. 

Selon lui, certains diplômés tardent à acheter une maison, à fonder une famille ou même à cotiser à un instrument d'épargne comme un REEE pour leur enfant en raison de la dette élevée des prêts étudiants. 

«Nous sommes passés d'une responsabilité sociale pour l'éducation postsecondaire à une responsabilité privée», a observé M. Osberg. «Cela exerce beaucoup de pression sur les parents et les étudiants.» 

En plus des parents qui se démènent pour rembourser leurs propres prêts étudiants, il note que les revenus de la classe moyenne ont largement stagné au cours des dernières décennies, laissant peu d'argent pour l'épargne. 

Pourtant, M. Orlander, de la Canada Vie, a estimé qu'ouvrir un REEE tôt est utile, même si les parents ne peuvent pas se permettre d'économiser beaucoup. 

«Établir l'habitude d'épargner vers l'objectif représente la moitié de la bataille», a-t-il fait valoir. «La mise en place d'une contribution de routine est une première étape cruciale, car elle permet d'envisager de l'augmenter ultérieurement.» 

M. Orlander a ajouté: «La capacité des plus petits montants à s'accumuler au fil du temps grâce aux intérêts composés a un impact énorme au bout du compte. Chaque petit geste compte.» 

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Quelques faits à propos des régimes enregistrés d'épargne-études: 

- Un REEE est un régime d'épargne pour les études postsecondaires d'un enfant. 

- Les gains sur les cotisations augmentent à l'abri de l'impôt pendant la durée du REEE. 

- Lorsque les fonds sont retirés pour l'éducation, les revenus sont imposés au nom de l'étudiant, ce qui entraîne souvent peu ou pas d'impôt. 

- Le gouvernement égale 20 % des premiers 2500 $ cotisés annuellement à un REEE, soit un maximum de 500 $ par année. 

- L'argent peut être utilisé pour les dépenses liées aux études postsecondaires, y compris les droits de scolarité, les livres, l'hébergement, les repas, un ordinateur portable et le transport jusqu'à l'établissement d'enseignement. 

Brett Bundale, La Presse Canadienne



Cet article a été tiré de La Presse Canadienne et a été légalement autorisé par le réseau d’éditeurs Industry Dive. Pour toutes questions de droits d’auteur, veuillez écrire à legal@industrydive.com.

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